La famille Bélanger a continué de se développer
en France,tandis que grandissait et se développait en Canada
le rameau qui s'en était détaché. Les annales
comtemporaines de France mentionnant Jean-Baptiste-Charles-Joseph
Bélanger, mathématicien français né
en 1789 à Valenciennes, mort en 1874. Il est l'auteur de
plusieurs ouvrages scientifiques très estimés.
A la même époque, et né à Valenciennes
également, nous remarquons l'ingénieur français
Bellanger, né en 1790, mort en 1874. Il rendit de grands
services comme professeur de mécanique; il a publié
lui aussi plusieurs ouvrages importants; à Paris Joseph,
Louis Hypolite Bellangé peintre français d'un talent
net, vif, spirituel, en somme éminemment français,
excella à retracer les détails curieux et anecdotiques
de la guerre.
Ces trois savants français, écrivaient leurs noms
de façon un peu différente l'un de l'autre. Ils
appartenaient cependant certainement à la même famillle
.Au Canada d'ailleurs, votre famille a adopté tantôt
l'une et tantôt l'autre de ces orthographes.
La fondateur de la branche canadienne de la famille Bélanger
est originaire du Perche. C'est dans la ville de Mortagne, capitale
du Perche, que naquit votre premier ancêtre canadien, François
Bélanger, en l'an 1612.
La Perche est une ancienne province française, située
entre le Maine et la Normandie, et qui comprend aujourd'hui les
départements de l'Orne et Eure-et-Loir. Province remarquable
a plusieurs titres, Ste.Beuve décrit les sites:
Bart des Boulais, le plus ancien historien du Perche, nous dit
que, Mortagne de temps immémorial a été tenue
pour la principale ville et capitale du pays de Perche, en laquelle
les comtes avaient leur château et demeurance. Elle est
assise sur une montagne environnée en partie de profondes
vallées qui lui servaient de premiers fossés.
En 1632, 1633 et 1634, François Bélanger est donc
dans la ville de Mortagne, où Il exerce le métier
de maçon. Il y vivait heureux sans doute, et entouré
de sa famille.
Mais en 1633, le Canada de nouveau appartenait à la France.
Il fallait y amener des colons pour en cultiver le sol, pour y
fonder un peuple. Les relations que les R.P.P.P. Jésuites
faisaient de la vie à Québec jetaient dans les milieux
chrétiens, surtout en Normandie et au Perche, des élans
de zèle patriotique et religieux, et lorsque Robert Giffard,
à qui la Compagnie des Cent Associés, pour reconnaitre
ses loyaux services, venait de concéder la belle et grande
terre de Beauport, voulut recruter des censitaires, et que pour
cela il s'adressa à son pays, le Perche, nombreux furent
les hommes courageux qui s'offrirent à le suivre. Ces futurs
colons, cependant, entreprenaient le voyage à leurs frais
et calculaient sur leurs propres ressources pour se tirer d'affaire;
c'est là ce qui les rend remarquables.
En arrivant, Robert Giffard fit avec ces colons venus du Perche et aussi de la Normandie et de la Beauce, un contrat par lequel il se bornait à leur donner des terres,mais à condition qu'on lui bâtirait une résidence, et, de plus, que les colons cultiveraient sa réserve en divisant avec lui le revenu de ses domaines, à titre de métayers.
Comme on le voit, la transaction était surtout à
son avantage. Mais ces hommes du pays de France étaient
débrouillards, exerçant tous des métiers,
bons cultivateurs, entendant la manière de se gouverner
et ne demandant de secours qu'à leur travail.
Parmi les familles venues du perche et des environs de Mortagne
avec lesquelles François Bélanger sera en relation,
citons les familles Cloutier, Guyon, Rainville, et Drouin, et
bien d'autres dont Benjamin Sulte dans ses mélanges Historiques
rapporte: il n' y a pas de colonie, dans la monde entier, qui
puisse se comparer à ce groupe."
Établi sur la Côte de Beaupré, François
Bélanger s'occupa activement du défrichement de
sa ferme, tout en continuant à exercer son métier
de maçon. N'oublions pas combien à cette époque
il fallait de courage pour ainsi ouvrir un pays au défrichement,
étant en plus sans cesse exposé aux attaques des
Iroquois; dans tout Québec, il n'y avait que quelques soldats
et les habitants de la cote de Beaupré éloignés
de Québec, ne pouvaient compter que sur eux-mêmes
pour se défendre.
Venu au pays vers 1635, François Bélanger, avait
en 1637, suffisamment de sol défriché pour songer
à établir une famille. Et le 12 juillet, nous trouvons
dans les régistres de la paroisse Notre-Dame de Québec
la seule qui existât alors, son acte de mariage avec Marie
Guyon. François Bélanger était agé
de 25 ans, Marie Guyon avait 13 ans depuis le 18 mars. Elle était
née elle aussi à Mortagne et était venue
avec ses parents et ses frères et soeurs. Jean Guyon, son
père, établi sur le fief du Buisson, à Beauport,
était venu lui aussi avec Robert Giffard.
Nous vous donnons copie de l'acte de mariage de François
Bélanger avec Marie Guyon.
Il est intéressant de constater que cet acte contient
mention de deux mariages célèbres à la même
messe. Je ne puis résister à la tentation de vous
faire remarquer que Robert Drouin, le colon qui se mariait à
la même messe que votre ancêtre, est mon premier ancêtre
à moi-même.
Nos relations donc ne sont pas aussi récentes que nous
aurions pu la croire, nos deux familles se rencontraient il y
a près de trois siècles, venues du même pays,
de la même ville, capitale du Perche. Votre premier ancêtre
était maçon et la mien briquetier. En unissant leurs
efforts, ils pouvaient certainement bâtir une maison bien
solide, et à cette époque, où tout était
à bâtir, nul doute qu'ils ont eu l'occasion de mettre
leurs capacités à contribution. Ce qui est certain,
c'est qu'ils ont, chacun d'aux, fondé au moral une maison
solide, une descendance nombreuse et honorable.
François Bélanger et Marie Guyon, établis
sur la côte de Beaupré, y passèrent une partie
de leur vie et y élevèrent une nombreuse famille:
treize enfants. Leurs premiers furent baptisés à
Québec, et après 1661, lorsque la paroisse Chateau-Richer
fut fondée, les actes de baptême se trouvent à
Chateau-Richer, Beauport n'ayant eu son église qu' en 1674.
Six des fils de François Bélanger et de Marie Guyon
se marièrent et fondèrent famillle. Quatre d'entre
eux restèrent établis à Chateau-Richer et
à Beauport; les deux autres se fixèrent sur la rive
sud et allèrent fonder une colonie à l' Islet et
au Cap St. Ignace.
François Bélanger et son épouse sur la fin
de leur vie, allèrent s'établir avec leur deux fils
dans la région de l'Islet. Au recensement de 1666, nous
les constatons encore établis sur la cote de Beaupré.
Mais en 1681, les recenseurs les rapportent établis sur
la rive sud.
Il semble que François Bélanger jouit toujours
d'une grande aisance, et qu'il sut établir tous ses fils
avantageusement. Nous constatons q ue l'un de ses fils, Jean-Franqois,
se fit concéder une seigneurie d'une lieue de large sur
deux lieues de profondeur, qui forme exactement la moitié
de la paroisse de l'Islet. Cette concession date (le 1671, et
c'est dans doute vers cette date et à cette occasion nue
François Bélanger laissa Chateau-Richer et ceux
de ses fils qui y étaient établis, et alla se fixer
définitivement dans la région de l'Islet.
Quelques années plus tard, l'autre fils, Louis, se faisait
transporter les droits sur la seigneurie voisine, qui avait été
concédée d'abord à Geneviève Couillard,
veuve du Sieur du Tertre, et nul formait l'autre moitié
de la paroisse de 'Islet.
Les deux frères, fils de François Bélanger,
étaient donc propriétaires de toute la région
qui fut plus tard érigée en paroisse sous le nom
de l'Islet. La seigneurie de Jean-François s'appelait Seigneurie
de Bonsecours. Celle de Louis la Seigneurie de l'Islet.
La famille Bélanger se trouva donc, dès la première
génération divisée on deux groupes, l'un
à Chateau-Richer et Beauport, et l'autre à l'Islet,
les deux groupes se sont conservés jusqu'à nos jours.
Vous appartenez au groupe de ceux qui sont restés sur la
cote de Beaupré; vous descendez de Charles, qui épousa
au Chateau-Richer le 21 novembre 1663, Barbe Cloutier.
Cette Barbe Cloutier était la petite fille de Zacharie
Cloutier qui était venu de Mortagne, avec sa famille S'établir
à Beauport, en môme temps que les familles Guyon
et Bélanger.
Votre famille reste établie au Chateau-Richer, et après
Charles Bélanger et Barbe Cloutier, nous trouvons leur
fils, François Bélanger marié avec Catherine
Voyer, le 18 avril 1689, au Chateau-Richer. François Bélanger
eut treize enfants de son mariage avec Catherine Voyer, et trois
autres d'un second mariage avec Marguerite Paré. A l'exception
d'un seul, ses enfants restèrent établis sur la
cote de Beaupré; Mais François l'ainé alla
s'établir à St. François de l'Ile Jésus
où il fonda un troisième groupe de votre famille.
Vous descendez de Louis Bélanger, le troisième
des fils de François Bélanger et de Catherine Voyer,
qui épouse à Ste.Anne le 6 février 1720,
Marie Anne Paré. Ils se fixèrent à l'Ange-Gardien,
où furent baptisés leurs dix enfants, quatre filles
et six garçons. Louis Bélanger est décédé
le 28 juin 1761 à l'Ange-Gardien, agé de 63 ans.
Son fils Claude, qui deviendra votre ancêtre, était
marié depuis presque 8 ans. Il avait épousé
à l'Ange- Gardien la 28 novembre 1753, Marie Vésina.
Claude Bélanger et Marie Vésina occupaient encore
la terre ancestrale défrichée par François
Bélanger l'ancêtre venu de France, et occupée
depuis, successivement, par Charles, François, Louis et
enfin Claude. Cette terre appartient encore aujourd'hui à
la famille Bélanger. En 1908, lors des fêtes du troisième
centenaire de la fondation de Québec,le "Comité
des anciennes familles" a accordé des médailles
d'honneur aux familles qui occupaient la terre ancestrale depuis
deux cents ans ou plus. Cette terre appartenait alors à
Théophile Bélanger, votre cousin au quatrième
degré, marié en 1901 avec Lumina Laberge. C'est
à lui que fut accordée cette médaille.
La branche de la famille Bélanger à laquelle vous
appartenez reste encore fixée sur la côte de Beaupré,
et nous trouvons, Charles Bélanger fils de Claude et de
Marie Vésina ,qui épouse le 24 septembre 1792, au
Chateau-Richer, Marie Vésina fille de Prisque Vésina
et de Marguerite Labrecque. Et nous trouvons au Chateau-Richer
les baptêmes de leurs enfants, entre autres en 1799, celui
de Louis Bélanger, le père de votre grand-père.
Les descendants de François Bélanger, le premier
ancêtre venu du Perche, étaient sans doute devenus
trop nombreux sur la cote de Beaupré, et nous voyons les
enfants de Charles Bélanger et Marie Vésina qui
quittent le foyer de la famille pour venir s'établir les
uns à St.Cuthbert, un autre à St.Martin et plus
tard à Chateauguay, où ils forment de nouveaux groupes
de la famille Bélanger.
Le grand-père de votre père, Louis Bélanger,
épousa à St.Martin, le 12 février 1822, Charlotte
Prévost, fille de JBte Prévost et de Marguerite
Monciau. L'acte de mariage comme vous pourrez le constater ne
donne aucun détail sur les parents de Louis Bélanger;
et ce ne fut pas sans difficulté que nous sommes parvenus
à établir son ascendance.
Voici comment: Louis Bélanger se marie trois fois, et
à son troisième mariage, à Chateauguay, nous
constatons parmi les témoins la présence de Christophe
Bélanger. Voilà déjà un indice. Et
en cherchant dans les régistres de Chateauguay, nous voyons
le 10 juin 1833, un Christophe Bélanger veuf de Geneviève
Bourgeon qui se remarie avec Euphrosine Rufiange, et parmi les
témoins est mentionné "Louis Bélanger
frère de l'époux" . Et par le premier mariage
de Christophe Bélanger avec Geneviève Bourgeon le
12 septembre 1826 à St.Cuthbert, nous voyons qu'il est
fils de Charles Bélanger et de Marie Vésina.
Et en 1836 le 14 août, à Chateauguay, nous voyons
Christophe Bélanger être parrain de Marie Caroline,
fille de Louis Bélanger et de M.Louise Blais.
Et en 1838, le 24 décembre à Chateauguay encore,
c'est Euphrosine Rufiange, épouse de Christophe Bélanger,
qui est marraine de Guillaume, fils de Louis Bélanger et
de Marie Louise Blaise.
Et en 1844, le 22 septembre, à Chateauguay aussi, nous
trouvons Isaac Bélanger, votre grand-père, qui est
parrain de sa cousine Marie-Aurélie, fille de Christophe
Bélanger et de Euphrosine Rufiange.
Après toutes ces preuves, et ayant trouvé l'acte
de baptême de Louis Bélanger, fils de Charles Bélanger
et de Marie Vésina, on ne peut douter de l'ascendance établie.
Isaac Bélanger, votre grandPère, fils de Louis Bélanger
et de Charlotte Prévost, à St.Martin le 12 juillet
1824, épouse le 10 mai 1847 ici à Montréal,
Hortense Daragon dit Lafrance. Leur fils Auguste, votre père,
baptisé à Montréal, le 25 août 1852,
épouse à st.Hilaire de Rouville le 8 avril 1872,
Madame votre mère, Philomène Normandin.
François Bélanger, votre premier ancêtre est
le seul chef de famille de ce nom qui soit venu de France s'établir
au Canada, et il est l'ancêtre de tous les Bélanger.
Votre famille, à l'encontre d'un grand nombre de familles
canadiennes françaises, n'a jamais porté de surnom.
Et l'orthographe de votre nom n'a jamais beaucoup varié
non plus. Parfois, comme nous l'avons déjà dit plus
haut, on doublait la lettre "L" et écrivait Bellanger
ou Bellangé.
Votre premier ancêtre au Canada, François Bélanger,
signait "François Belenger". A son acte de mariage
que nous avons reproduit plus haut, sa signature n'apparait pas.
Ceci ne signifie pas qu'il ne savait pas signer. Cet acte ne fut
pas écrit dans le régistre à la date même
du mariage; mais il ne fut rédigé par le curé
que trois ans plus tard, en 1640, dans les circonstances suivantes:
Les régistres de Notre-Dame de Québec, depuis le
commencement de la colonie furent tous incendiés avec l'église
en 1640. Et l'acte de mariage de votre ancêtre François
Bélanger, comme celui de Robert Drouin, et tous les, autres,
était disparu. Pour réparer cette perte autant qu'il
était possible, le Curé de la paroisse fit venir
les uns après les autres, ou par groupes, les citoyens
de Québec, et d'après leur témoignage, et
ses propres souvenirs, il reconstitua les actes des baptêmes,
mariages et sépultures qu'il avait présidés.
L'acte de votre premier ancêtre que nous avons reproduit
plus haut est rédigé dans un style laconique qui
démontre que le Curé n'avait en vue que de reproduire
les élements essentiels de l'acte disparu.